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Saint-Macaire

La cité de Saint-Macaire, ceinte de murailles et conservant son plan en demi cercle, est l’un des joyaux médiévaux d’Aquitaine. Idéalement située sur un éperon dominant une courbe de la Garonne, elle donne aujourd’hui l’image d’une ville ancienne et prospère très bien conservée, témoin vivant de l’urbanisme du Moyen Âge.

Le rocher de Semmacari (c’est son nom gascon) forme le verrou historique du Bordelais sur la Garonne, à l’endroit où commencent à s’épuiser les effets de la marée. L’établissement gallo-romain qu’abrite un temps Saint-Macaire, du nom de Ligéna, est en lien étroit avec l’autre rive qui accueille aujourd’hui Langon.

Les premières traces véritables d’installation à Saint-Macaire datent du XIe siècle. À cette époque, le duc d’Aquitaine y assoit un château fort, et l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux y établit l’un de ses prieurés les plus florissants (on conserve l’acte permettant cet établissement, daté de 1027). Quelques années plus tard, avant le milieu du XIe siècle, le bourg se développe et une église est construite.

Avec l’instauration du « privilège des vins » au milieu du XIIIe siècle et les droits de péage revenant à la ville, l’expansion du commerce en Garonne lègue à Saint-Macaire les atouts complets d’une prospère cité marchande, de l’église embellie de peintures murales à la puissante enceinte fortifiée, en passant par la place du marché, jalonnée de galeries à arcades et les riches demeures des négociants. La ville accède alors au statut communal avec un premier maire signalé dès 1256.

Elle connait ensuite sa période la plus florissante aux XIIIe et XIVe siècles. A cette époque, elle voit grandir sa population au point que deux faubourgs naissent à ses côtés et se dotent également de remparts (les faubourgs du Thuron et de Rendesse). Sa position géographique lui vaut cependant d’être par deux fois assiégée, en 1377, puis en 1420.

L’entrée dans la période moderne marque le début du déclin de la cité, avec la mise à sac des établissements religieux par les huguenots et le démantèlement du château au sortir de la Fronde (1649). Dans le même temps, un évènement imprévisible vient mettre à mal le commerce de Saint-Macaire : le lit de la Garonne se déplace et s’éloigne des remparts. Le port doit être déplacé en 1658 de l’extrémité est à l’extrémité ouest de l’enceinte fortifiée. Aussi, l’exode de la riche bourgeoisie commerçante se poursuit-elle au XVIIIe siècle avec l’essor du commerce triangulaire qui incite les négociants à partir vers Bordeaux et les Antilles. À la veille de la Révolution, la cité fait pâle figure, réduite à un pôle artisanal.

Durant une bonne partie du XIXe siècle, Saint-Macaire se fait une spécialité de l’extraction de la pierre essentiellement dans sa périphérie et marginalement sous la ville : des monuments vont être détruits (prieuré bénédictin, église des Cordeliers ou remparts) pour revendre les matériaux.

Ensuite, d’autres activités se développent. D’une part, la tonnellerie jusqu’à l’entre-deux-guerres. Les ateliers colonisent d’ailleurs les demeures désaffectées des marchands. D’autre part, une usine de chaussures maintient une activité économique jusqu’à la fin des Trente Glorieuses avec la marque Patalo.

La cité médiévale forme un site Inscrit depuis 1965, et comporte de très nombreux édifices classés monuments historiques ou inscrits à l’inventaire supplémentaire. Ce très riche patrimoine, mis en valeur et de plus en plus préservé, fait de Saint-Macaire un site touristique majeur.

L’aspiration à la sauvegarde et à la réutilisation de leur patrimoine s’est développé chez les Macariens surtout à partir de 1975. C’est ainsi qu’ont été réalisées dans la vieille ville un hôtel restaurant privé, trois opérations de logements sociaux publics ou encore l’installation d’une maison d’accueil aux enfants autistes.

Le canton de St Macaire développe par ailleurs la production de vins comme le blanc liquoreux Côtes de Bordeaux St Macaire ou Premières Côte de Bordeaux.

Galerie photo

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Commune

  • Code postal : 33435
  • Nom des habitants : Macariens, Macariennes
  • Superficie : 179 hectares
  • Population : 1541 habitants (1999)
  • Origine du nom et description du blason :

    du grec “ Makarios ”, le Bienheureux, qui serait venu évangéliser l’Aquitaine sur ordre de saint Martin de Tours en compagnie de Cassien et de Victor. Il mourut au début du Ve siècle dans la cité de Ligéna, devenue Saint-Macaire.

    Le blason reproduit le sceau de la cité qui contient, dans une mandore, la figuration de Macaire en costume d’abbé, la crosse tournée vers l’intérieur. L’inscription pérylienque en latin : Olim ligena nunc Saint Macharii Nomine Urbs signifie “ ville appelée autrefois Ligéna et aujourd’hui Saint-Macaire ”.


Informations pratiques

Mairie de Saint-Macaire : 05.56.63.03.64

Office de Tourisme de l’Entre deux Mers (antenne de Saint-Macaire) : 05.56.63.32.14


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Patrick Epron (1998). Dictionnaire de l’origine des noms de lieux en Gironde, RIS, BibTeX.

Michel de La Torre (1990). Gironde, Le guide complet de ses 542 communes, RIS, BibTeX.

Désiré-Antoine Virac (1890). Recherches historiques sur la ville de Saint-Macaire, RIS, BibTeX.

Jean-Marie Billa (2007). Visiter Saint Macaire, RIS, BibTeX.


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