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Saint-Jean-de-Luz

Saint-Jean-de-Luz est construit sur la seule baie abritée entre Arcachon et la frontière espagnole, cadre géographique exceptionnel. De surcroît, situé à l’embouchure de la Nivelle, son port présente un intérêt pour la navigation commerciale et militaire dont la prospérité est atteinte au XVIIe siècle, siècle d’or de la cité basque.

Il existe à Saint-Jean-de-Luz des traces d’habitat humain dans les actuels quartiers d’Acotz et Bordagain. Ces vestiges remontent au Paléolithique, mais ils sont encore peu explorés. Ils témoignent vraisemblablement de la présence d’ethnies protohistoriques, encore énigmatiques, mais très répandues dans la région. Pendant l’époque paléochrétienne, la zone de Saint-Jean-de-Luz et du Sud-Ouest actuel accueille les migrations des peuples vascons.

Pendant le haut Moyen Âge est créé le duché de Vasconie, qui devient le duché de Gascogne en 884. C’est en 1123 que naissent la baronnie et la paroisse de Saint-Jean-de-Luz, sur décision du vicomte du Labourd Loup-Sanche. En 1160, la vicomté cède la baronnie luzienne au chapitre de Bayonne. A la suite du mariage d’Aliénor d’Aquitaine et de Henri II Plantagenêt en 1152, Saint-Jean-de-Luz devient propriété anglaise. La ville fait les frais des conflits, dont la guerre de Cent Ans, opposant les Anglais aux Français.

Redevenu territoire français en 1451, Saint-Jean-de-Luz reçoit les faveurs royales. Louis XII décide d’exempter les marchandises de droit d’entrée pour le port commercial luzien en déclin, un privilège perpétué pendant tout l’Ancien Régime. De la fin du XVIe siècle à la moitié du XVIIe siècle, la commune subit à nouveau les conséquences dramatiques des conflits franco-espagnols, jusqu’à sa destruction complète en 1558.

L’obtention de l’indépendance communale, effective au XVIIe siècle, s’établit non sans difficulté, au terme de tractations financières avec les chanoines de Bayonne, dans lesquelles Louis XIII doit s’interposer comme médiateur. Témoignage des relations particulières de la ville avec le pouvoir royal, le maire de Saint-Jean-de-Luz, Joannot de Haraneder, envoie ses marins en renfort à Louis XIII et au Cardinal de Richelieu lors du siège de La Rochelle en 1627.

Grâce à ses qualités portuaires, la ville voit aussi évoluer l’activité corsaire dès le XVIe siècle, alliant les qualités maritimes de ses hommes et leur dévouement à la couronne royale pendant deux siècles. C’est Saint-Jean-de-Luz qui devient le principal port basque pour cette activité, celui d’Hendaye étant trop proche de l’Espagne.

Le début du XVIIe siècle correspond à un regain de prospérité du port qui attire des populations marginales, pauvres ou expulsées de leurs terres, comme les juifs espagnols et portugais. Ce brassage de population, mêlé aux coutumes de la société maritime, éveille des soupçons d’hérésie et de sorcellerie, d’autant plus que le Pays Basque témoigne d’un passé païen relativement récent. Pourtant, c’est à cette période qu’il devient indispensable d’agrandir l’église Saint-Jean-Baptiste pour accueillir des fidèles de plus en plus nombreux.

Arrive alors l’évènement qui contribue sans conteste au prestige de la commune, le mariage de Louis XIV avec l’Infante d’Espagne Marie-Thérèse en 1660. Le roi et sa cour séjournent pendant plus d’un mois chez les grandes familles luziennes. La cérémonie nuptiale a lieu en l’église Saint-Jean-Baptiste.

Les conflits avec Ciboure ponctuent l’histoire luzienne. Après une brusque détérioration de leurs rapports, une intervention supérieure s’avère nécessaire en 1611. On décide alors la construction du couvent des Récollets sur une île au milieu de la Nivelle séparant les deux communes. S’y installe une mission franciscaine avec l’objectif de réconcilier les soeurs ennemies. C’est finalement à la faveur de la Révolution que Saint-Jean-de-Luz s’unit à Ciboure, en raison de réticences communes face au processus révolutionnaire : les deux municipalités fusionnent en un seul territoire nommé Chauvin-le-Dragon.

Pendant le Premier Empire, les Luziens sont partisans de Napoléon Ier. L’empereur projette d’édifier un port militaire dans la baie et y séjourne pour cela à plusieurs reprises. Les conflits de 1813 n’épargnent pas la commune qui abrite successivement les Français, puis les troupes anglaises de Wellington.

La commune vit depuis les temps les plus reculés de la pêche. Jusqu’au XVIIe siècle, la chasse à la baleine est la principale ressource du port. À partir du XVe siècle, les marins luziens obtiennent en outre l’autorisation de la pêche hauturière vers Terre-Neuve, où les gisements de poissons sont plus importants. Le port acquiert sa prospérité avec ses activités commerciales, halieutiques et navales. Au début du XVIIe siècle, son agrandissement devient indispensable. Le fort de Socoa est donc édifié en 1621, à la fois pour des raisons militaires et pour augmenter la capacité d’accueil portuaire.

En 1713, suite au Traité d’Utrecht, la pêche à Terre-Neuve n’est plus possible. L’activité portuaire décline sévèrement, d’autant que les baleines disparaissent à la même époque du golfe de Gascogne. La population luzienne commence à déserter la ville, jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Les Luziens se rabattent alors sur la pêche à la morue, au thon et, à partir du XIXe siècle, à la sardine. Le port retrouve une intense activité avec l’ouverture de conserveries. Face à l’amenuisement des gisements de thons et de sardines, les pêcheurs luziens dirigent leurs campagnes vers le large de la Mauritanie et du Sénégal en 1955, et plus tard vers le Maroc.

La situation de Saint-Jean-de-Luz, les pieds dans l’eau, s’avère au fil des siècles un danger pour la pérennité de la bourgade et du port. À plusieurs reprises, de terribles tempêtes manquent de détruire la ville. Vauban met alors en oeuvre un projet de protection et d’endiguement pour remédier au problème.

La sécurisation définitive de la baie correspond à l’époque du développement touristique de la côte basque, influencée par les séjours de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie à Biarritz. En raison de son succès, de ses aménagements et de son accessibilité ferroviaire, Saint-Jean-de-Luz est classé station balnéaire et climatique en 1912.

Saint-Jean-de-Luz est aussi une ville d’artistes, favorisant l’inspiration de ceux qui y naissent, vivent et meurent. Parmi les importants flux touristiques, ils sont particulièrement nombreux pendant l’entre-deux-guerres.

De nos jours, Saint-Jean-de-Luz est devenu le centre européen des sports de glisse, accueillant notamment le siège de Quiksilver. Les vagues, autrefois hostiles, sont appréciées des surfeurs du monde entier, exploitées par les professionnels du tourisme et participent de l’image dynamique de la ville. La commune vit toujours des ressources de l’océan en dépit de la diversification de son exploitation.

Saint-Jean-de-Luz peut ainsi s’enorgueillir de son passé prestigieux, dont le témoignage est véhiculé par son port pittoresque, son architecture et ses demeures. Cet ensemble de caractéristiques permet à cette commune d’être aujourd’hui une station balnéaire renommée.


Commune

  • Nom des habitants : Luziens, Luziennes
  • Superficie : 1905 hectares
  • Population : 14074 habitants (1999)
  • Cours d'eau :

    la Nivelle, l’Etcheberriko erreka, l’Isaka, le Chantaco, le Basarun erreka, le Mendiko erreka, l’Amisolako erreka

  • Origine du nom et description du blason :

    Les armoiries de la commune de Saint-Jean-de-Luz sont adoptées par le conseil municipal en 1992. Elles reprennent probablement le blason de la famille Haraneder, de riches armateurs et négociants luziens : « Coupé au I d’azur, au vaisseau équipé de sable, voguant à pleines voiles d’argent sur une onde du même, la coque du vaisseau de sable brochant l’onde ; au II de gueules au lion d’or couronné d’une couronne de vicomte du même, parti d’azur à une crosse épiscopale d’argent posée en pal. »

    À l’origine, le territoire de Saint-Jean-de-Luz est une baronnie attribuée aux chanoines de Bayonne. Bien que la commune acquière son indépendance en 1570, elle conserve le statut de baronnie, dont le titre revient dès lors au maire. En basque, Donibane Lohizune signifie Saint-Jean-des-Marais, un toponyme qui illustre les caractéristiques géologiques du site, entre marécages et dunes.


Informations pratiques

Mairie de Saint-Jean-de-Luz

2, place Louis XIV

64500 SAINT-JEAN-DE-LUZ

Tél. 05.59.51.61.71

www.ville-saintjeandeluz.fr

Office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz

Place du Maréchal Foch

B.P.265

64500 SAINT-JEAN-DE-LUZ

Tél.05.59.26.03.16

www.saint-jean-de-luz.com


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Archives d’Architecture de la côte basque (1999). Guéthary, Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, RIS, BibTeX.

Association Ekaina (1994). Saint-Jean-de-Luz, 2 tomes, RIS, BibTeX.

, RIS, BibTeX.


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