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Saint-Ferme

La ville de Saint-Ferme se développe autour de son abbaye, dont les origines remontent au VIe siècle. Aujourd’hui, les bâtiments conservés intacts témoignent de la vie monacale et du passage des pèlerins de Compostelle.

Des outils en silex, sommairement ébauchés, témoignent des traversées itinérantes de chasseurs au Paléolithique ancien. Des silex de type shopping-stone sont mis au jour dans les terrains culminant à une hauteur de 100 à 120 mètres, et de nombreux outils du Paléolithique moyen et supérieur sont toujours régulièrement dégagés par les labours.

Pour la période suivante, des vestiges néolithiques, peu abondants, sont découverts dans les vallons. Le territoire abrite plusieurs abris sous-roches, dont deux subsistent aux lieux-dits Doulens et La Gorge-du-Loup.

On trouve également sur le territoire de la commune des vestiges de l’âge de bronze : la présence d’un tumulus à Bel-Air, un fragment de torque trouvé dans les labours, entre La Chapelle et Les Gentils, mais surtout les traces d’un atelier de fondeur, situé sous un contrefort occidental de l’abbaye.

Plusieurs sites à tuiles, des fragments d’amphores et des monnaies isolées de l’époque gallo-romaine sont découverts, principalement dans le village. L’écomusée de Saint-Ferme possède d’ailleurs un trésor de 1318 monnaies romaines du IIIe siècle après J.-C., découvert au lieu-dit Le Petit-Gouzil.

Pendant le haut Moyen Âge, vers le VIe siècle, une petite communauté de moines noirs, bénédictins du tout nouvel ordre créé par saint Benoit, construit un monastère fortifié, refusant de reconnaître l’autorité du comte ou de l’évêque. Convaincus de nicolaïsme et de simonie lors des réformes grégoriennes, ils sont "occis par l’épée du vicomte de Gensac".

À partir du XIe siècle, de nouveaux bénédictins s’y installent, placés par l’évêque de Bazas sous la tutelle de l’abbaye Saint-Florent de Saumur. Ils élèvent l’abbaye aux XIIe et XIIIe siècles, afin d’accueillir et de soigner les pèlerins se rendant à Compostelle.

Pendant la guerre de Cent Ans, le monastère est transformé en forteresse, pour servir de refuge éventuel à la population du village et des hameaux voisins. Les bâtiments sont modifiés et fortifiés.

Plus tard, les abbés commendataires, non réguliers et dits "sans crosse", vivent dans le luxe et abusent du droit de justice. Ils font bâtir à grands frais leur demeure, le château du Parc. Comme dans beaucoup d’abbayes sous "commende", cette période marque le début du déclin du monastère.

La Renaissance laisse peu de témoignages dans l’architecture rurale, hormis quelques fenêtres et portes. Les intérieurs sont soignés, notamment sur les cheminées et les éviers des maisons agricoles appelées "coucoutes".

En revanche, dès la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, des modifications importantes interviennent dans l’architecture rurale, avec notamment les double-coucoutes, les chais avec tampe, et l’apparition de demeures bourgeoises et d’une nouvelle maison de paysan, la "longère", vers 1850 et 1870. À la fin du XIXe siècle, le phylloxéra conduit à revoir les cépages.

La viticulture fait l’objet de changements entre 1936 et 1945, à la suite de la création de caves coopératives, associée à un renouvellement considérable de la population, avec l’arrivée d’Italiens dans les années 1920, d’Espagnols vers 1940 et de rapatriés d’Algérie, dès 1960.

Saint-Ferme vit aujourd’hui principalement de la viticulture, mais développe le tourisme autour de son monument phare, l’abbaye. Depuis 2008, un refuge de pèlerins de Compostelle est ouvert à Saint-Ferme.


Commune

  • Code postal : 33400
  • Nom des habitants : les Saint-Fermois, Saint-Fermoises
  • Superficie : 1997 hectares
  • Population : 338 habitants (1999)
  • Cours d'eau :

    le Dropt

  • Origine du nom et description du blason :

    Le nom de la commune vient du saint éponyme, patron de l’abbatiale de Saint-Ferme, dont le nom latin est Fermerius, Fremerius ou Firminus, fils du sénateur Firmus et d’Eugénie. Né à Pampelune en Ibérique, au IIIe siècle, il est instruit par Honestus, prêtre à Nîmes, disciple de saint Saturnin et évêque de Toulouse. Ordonné prêtre puis évêque par Honorat de Toulouse, saint Ferme évangélise l’Agenais, une partie de l’Entre-Deux-Mers, l’Auvergne et l’Anjou. Il passe par Beauvais et il atteint Amiens, où il est emprisonné, torturé, et décapité le 25 septembre 285 apr. J.-C. Le martyrologue gallican indique pour le diocèse de Bazas l’évêque-martyr au 1er octobre.


Informations pratiques

Mairie de Saint-Ferme : 05.56.61.62.10

Office de tourisme de l’Entre-deux-Mers : 05.56.61.82.73

http://tourisme.entredeuxmers.com


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

MM. Fenet et fils (1888). Atlas du département de la Gironde, sur délibération du conseil général de Gironde du 23 août 1875, RIS, BibTeX.

E.M. Lamartine (1934-1948). Une abbaye bénédictine : Saint-Ferme en Bazadais, RIS, BibTeX.


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