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Saint-Émilion

Le poète latin Ausone mentionne au IVe siècle ce site où il possède un domaine. Des vestiges d’une villa gallo-romaine sont d’ailleurs mis au jour au Palat. Le dernier état de cette villa, aux allures de palais, possède des analogies de plan avec des exemples du nord de la Gaule et reste sans équivalent en Gironde.

Au VIIIe siècle, un moine breton originaire de Vannes s’installe sur le site. Émilian est ouvrier boulanger avant d’embrasser la vie monastique à Saujon, près de Royan où sa grande vertu lui vaut le respect et les louanges. Il se retire ensuite sur les pentes calcaires de la vallée de la Dordogne, dans la forêt des Combes qui recouvre jadis le site actuel de Saint-Émilion. Il s’y aménage une grotte ; d’autres compagnons le rejoignent alors et creusent leur propre grotte. Émilian accomplit des miracles, il rend notamment la vue à une femme aveugle. Il meurt le 6 janvier de l’an 767.

Au début du XIIe siècle, un collège de chanoines, un couvent, sa chapelle et une première enceinte sont édifiés. En 1199, Jean sans Terre, le frère du fameux Richard Coeur de Lion, à son accession au pouvoir, confirme l’existence du corps municipal, la jurade, de Saint-Émilion. En 1289, le roi Édouard Ier, duc d’Aquitaine, fixe les limites de la juridiction qui s’étend sur un peu plus de 7 800 hectares. Comme de nombreuses cités de la région, Saint-Émilion passe du camp anglais au camp français et inversement.

Au Moyen Âge, le vignoble de Saint-Émilion acquiert déjà une grande renommée. Les célèbres vins rouges de la juridiction sont en effet qualifiés de vins honorifiques parce qu’ils sont offerts en hommage aux souverains et aux personnalités de marque. Le conseil municipal, la jurade, a la charge de contrôler leur qualité. Au XVIIe siècle, après les vicissitudes des guerres de Religion, la cité perd définitivement ses prérogatives de ville libre et indépendante. À la fin du XVIIIe siècle, un proscrit, Émile Guadet, vient chercher refuge à Saint-Émilion, où il se cache. Arrêté et emmené à Bordeaux, il meurt sur l’échafaud en 1794.

Depuis 1999, Saint-Émilion est classé au patrimoine mondial de l’Unesco au titre de paysage culturel, pour la beauté de la cité, l’homogénéité de son architecture et l’ensemble du vignoble. L’Unesco classe d’ailleurs pour la première fois un territoire viticole.


Commune

  • Code postal : 33394
  • Nom des habitants : Saint-Émilionnais, Saint-Emilionnaises
  • Superficie : 2702 hectares
  • Population : 2345 habitants (1999)
  • Origine du nom et description du blason :

    Le nom de la commune de Saint-Emilion provient de celui de l’ermite Émilian qui s’installe sur le site au VIIIe siècle. Le blason représente les armes de la ville.


Informations pratiques

Mairie de Saint-Emilion : 05.57.24.72.09

Office de tourisme de Saint-Emilion : 05.57.55.28.28


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

(2002). Guide du patrimoine de France, RIS, BibTeX.

Michel de la Torre (1990). Gironde, guide complet de ses 542 communes, RIS, BibTeX.

Patrick Epron (1998). Dictionnaire de l’origine des noms de lieux en Gironde, RIS, BibTeX.

Raymond Guinodie Histoire de Libourne et des autres villages et bourgs de son arrondissement, RIS, BibTeX.

Hubert Sion (1994). Carte archéologique de la Gaule, RIS, BibTeX.

Catherine Balmelle “Saint-Emilion, moulin du Palat”, RIS, BibTeX.


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