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Nay

Dressé sur un site de gué, au carrefour de deux voies de passage importantes, le bourg de Nay possède un riche patrimoine hérité de sept siècles d’histoire. De belles demeures témoignent notamment de la prospérité de ses habitants, longtemps versés dans le commerce et l’industrie textile.

En 1120, les religieux de l’hôpital Sainte-Christine du Somport créent le village de Nay, après la destruction d’un précédent habitat par un incendie quelques années auparavant. Ils y installent une chute d’eau artificielle pour permettre la fabrication de vêtements de laine et teindre ceux-ci, débuts d’une longue activité textile en ces lieux.

C’est en 1302 que Marguerite de Moncade, vicomtesse du Béarn et fille de Gaston VII, signe un contrat de paréage, c’est à dire de seigneurie partagée entre plusieurs personnes ayant des droits égaux, avec Ramon Arnaud, commandeur de l’hôpital Sainte-Christine de Gabas, pour créer la bastide de Nay.

La bastide est détruite en 1381 par un incendie, à l’issue duquel Gaston Fébus, vicomte du Béarn, décide de la construction d’une muraille de 6 mètres de haut et 1 mètre de large. Quatre portes ferment l’accès à la ville pendant la nuit.

Aux XIVe et XVe siècles, le commerce et l’industrie, textile notamment, se développent. Cet essor trouve un point d’arrêt avec les exactions que Gaston de Foix, baron de Coarraze, commet à Nay entre 1496 et 1506.

En 1543, toutes les anciennes maisons à pan de bois sont détruites par un nouvel incendie. Plus tard dans le même siècle, Nay souffre des guerres de Religion et est assiégée par les catholiques qui la pillent. Seul l’édifice médiéval consacré à Saint-Vincent demeure donc aujourd’hui. Il conserve encore une cloche, « La Marie », fondue en 1243.

Le XVIe siècle mouvementé que connaît la ville n’empêche pas tous ses habitants de prospérer. Pedro Sacaze, notamment, est alors un riche marchand drapier, à qui l’on attribue la construction de la Maison Carrée, joyau architectural de la Renaissance.

La ville vit à nouveau quelques heures sombres à la fin du XVIIe siècle, lorsque Louis XIV y met en œuvre la technique des « dragonnades » pour venir à bout des derniers protestants. On permet alors aux dragons, soldats de cavalerie, de commettre tous types d’exactions normalement commises en territoire conquis (viol, pillage).

Si le développement de l’industrie textile a quelque peu été chahuté par tous ces épisodes dramatiques, celle-ci ne s’en relève pas moins à chaque fois. Ainsi compte-t-on en 1830 jusqu’à douze manufactures de ce type, ce qui a valu à la ville son surnom de « petit Manchester ». Au XIXe siècle, se développent à la fois la confection du béret et celle du tissu de laine cardée, autrement appelé « laine des Pyrénées ». Au siècle suivant, s’ajoute à l’industrie textile en crise la fabrication de meubles.

C’est la fusion avec Claracq, sous le Second Empire, qui donne à la commune de Nay ses limites actuelles. Elle devient également alors le chef-lieu de canton à la place de Claracq qui est aujourd’hui un quartier de la ville. En 2002, elle a fêté ses sept siècles d’existence depuis la fondation de la bastide en 1302.


Commune

  • Nom des habitants : Nayais, Nayaises
  • Superficie : 527 hectares
  • Population : 3204 habitants (1999)
  • Cours d'eau :

    le Béez, le gave de Pau

  • Origine du nom et description du blason :

    Le nom de la commune de Nay vient vraisemblablement du béarnais nai , qui signifie « mou » et pourrait se référer à la nature du terrain. La ville est en effet située au confluent du Béez et du gave de Pau.


Informations pratiques

Mairie de Nay : 05 59 61 90 30

Office de tourisme de Nay : 05 59 13 94 99


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Michel Grosclaude (2006). Dictionnaire toponymique des communes du Béarn, RIS, BibTeX.

Hubert Dutech (2003). Lo Noste Béarn, RIS, BibTeX.

Jacques Staes (1981). Promenade archéologique dans la plaine de Nay, RIS, BibTeX.


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