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Navarrenx

Navarrenx est l’une des plus anciennes villes du Béarn. Placée quasiment au centre du département, la ville devient rapidement un centre politique, religieux et militaire important. Les villages qui l’entourent lui servent d’avant-postes.

L’origine de Navarrenx n’est pas bien établie, mais il est certain qu’elle remonte à l’époque paléochrétienne. Son histoire connue dans la vicomté de Béarn, commence véritablement en 1285, lorsque Gaston VII Moncade établit un château dit La Casterrasse au nord-ouest de Navarrenx. Il entoure également la cité de murailles et fait construire un pont qui enjambe le gave d’Oloron. Puis, quatre ans plus tard, Navarrenx devient le chef-lieu du canton de L’Arrabière.

Quelques années passent et en 1316, la cité est transformée en bastide par la fille de Gaston VII, la vicomtesse Marguerite. Ce nouveau statut affranchit automatiquement les habitants, nommés poublans (colons). Ils bénéficient également du traité de For de Morlaàs, et d’un domaine de 7 hectares.

Le statut intéressant des habitants de Navarrenx et la richesse croissante de la ville attirent une population nombreuse. De plus, le nombre de pèlerins augmente également et la ville, située sur le chemin de Compostelle, prévoit alors la construction d’un grand centre d’accueil : l’hôpital, dirigé par les Anthonins.

Au début du XVIe siècle, Navarrenx est assiégée par le Prince d’Orange, puis finalement libérée par les troupes aragonaises, sous le règne d’Henri II d’Albret, vicomte de Béarn et de Navarre. À la suite de cette expérience, ce dernier décide de moderniser les fortifications, en munissant l’enceinte de bastions. Les angles morts sont ainsi supprimés et la ville devient alors la première cité bastionnée de France, un siècle avant les travaux de Vauban.

Ce nouveau système défensif est utilisé très rapidement, au cours des guerres de Religion. En effet, Jeanne d’Albret, épouse d’Henri II d’Albret, est protestante. En 1566, paraît une première ordonnance de la Dame Souveraine de Béarn, qui a pour but d’éliminer le catholicisme. Le premier mai 1569, Navarrenx est alors assiégée par l’armée catholique d’Antoine de Lomagne, seigneur de Terride. Cinq cents protestants résistent à quatre mille catholiques. La bastide triomphe trois mois plus tard de ses assaillants, grâce aux troupes du huguenot Montgomery, un représentant de Jeanne d’Albret venu en renfort. Depuis, une expression fait référence à la résistance navarraise. À propos de la robustesse et de la vigueur d’un homme, on dit : « Qu’èy hort coum Nabarréncs », c’est-à-dire « il est fort comme Navarrenx ».

Plus tard, une seconde ordonnance promulguée en 1571 impose le protestantisme. Navarrenx est le refuge des calvinistes jusqu’en 1620, année où Louis XIII fait remplacer le vieux gouverneur protestant, par le gouverneur catholique Bernard de Poyanne. Puis, en 1659, un congrès organisé par Louis XIV et Philippe IV d’Espagne, jette les bases de la paix des Pyrénées. Navarrenx perd alors sa fonction défensive, bien qu’elle accueille encore une garnison pendant deux cents ans.

À la Révolution, la commune est choisie comme chef-lieu du département, avant que Pau ne prenne sa place. En 1870, elle fait l’acquisition des fortifications et des anciens terrains militaires, alors que les bâtiments de la garnison sont rachetés par des particuliers.

À l’heure actuelle, outre un site historique touristique, Navarrenx est depuis 1977 l’un des principaux pôles de pêche au saumon. Il est également le chef-lieu du canton qui porte son nom.


Commune

  • Nom des habitants : Navarrais, Navarraises
  • Superficie : 621 hectares
  • Population : 1274 habitants
  • Cours d'eau :

    le gave d’Oloron, le Saleys, le Laus, l’Arroder, le Lucq

  • Origine du nom et description du blason :

    Le premier nom de la commune figure sur le Cartulaire de Pau. Ce document datant du XIe siècle mentionne la ville sous le nom de Sponda Navarrensis. Il vient du latin sponda qui signifie « bordure, limite », et Navarrensis fait référence au royaume de Navarre. Il fait donc référence à sa situation géographique, en bordure du royaume de Navarre. À partir du XIIIe siècle, Navarrenx se nomme Navarrencxs. Le radical Navarre est suivi du suffixe pré-latin - enc dont la signification est sans doute ethnique.


Informations pratiques

Mairie de Navarrenx : 05.59.66.10.22

http://www.ville-navarrenx.fr/

Office de tourisme du canton de Navarrenx : 05.59.38.32.85

http://www.bearn-gaves.com/spip/rubrique.php3?id_rubrique=39


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Association CHAR, RIS, BibTeX.

M. Cenac-Moncau (1856). Voyage archéologique et historique dans l’ancienne vicomté du Béarn, RIS, BibTeX.

Jean-Louis Chevalier (1997). Bastides du Sud-Ouest, RIS, BibTeX.

Jean Bonnefous, Raoul Deloffre (1996). Dictionnaire des châteaux et fortifications des Pyrénées-Atlantiques, RIS, BibTeX.

Hubert Dutech (2003). Lo Noste Béarn, RIS, BibTeX.

Michel Grosclaude (2006). Dictionnaire toponymique des communes du Béarn, RIS, BibTeX.

Constant Lacoste (1971)., RIS, BibTeX.

Claude Laharie (1998). Le Protestantisme en Béarn, Tome 1, RIS, BibTeX.


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