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Marcheprime

Commune avant-gardiste, Marcheprime sait mobiliser les énergies et les ressources nécessaires à sa prospérité.

Le destin de Marcheprime est intimement lié à sa position stratégique. Sur le plan géologique, le site se trouve sur la ligne de partage des eaux de deux bassins versants : celui de la Garonne à l’est, et celui de la Leyre à l’ouest. Géographiquement parlant, il est traversé, comme en témoigne une carte réalisée en 1770 par Pierre de Belleyme (ingénieur géographe du roi Louis XV) par une ancienne route romaine qui relie les capitales de la cité gauloise des Biturgies, située vers Bordeaux, et de celle des Boïens, autour du bassin d’Arcachon. Le lieu-dit Croix d’Hinx, du latin crux ad fines , qui signifie littéralement « croix aux limites », marque vraisemblablement l’emplacement d’une ancienne borne, plus tard remplacée ou surmontée d’une croix, implantée pour définir la limite des territoires de ces deux peuplades

A l’image d’Arcachon, Solférino, Morcenx ou Labouheyre, Marcheprime est un parfait exemple des colonies de peuplement nées de l’application de la loi de mise en valeur des Landes promulguée par Napoléon III. Celles-ci sont organisées autour de gares situées le long du réseau ferré qui relie Bordeaux à Bayonne, dont les frères Emile et Isaac Pereire détiennent la concession. Dans le cas de Marcheprime, ils projettent de créer une colonie autour de la halte de Testemaure, le long du premier tronçon de la ligne Bordeaux-La Teste, qu’ils viennent d’ouvrir au public. Ils l’installent à la fois près de la gare et autour d’un carrefour routier qui reçoit les axes Bordeaux-Arcachon et Le Barp-Le Temple, en Médoc. Ils acquièrent ainsi environ 10 000 hectares de landes qu’ils réhabilitent à partir de 1859, attirant une population nouvelle évaluée en 1863 à 280 personnes, ouvriers agricoles essentiellement, qu’ils logent dans un ensemble de quarante-sept logements rangés symétriquement de part et d’autre du carrefour dessiné par les deux axes routiers.

En dépit de son passé deux fois millénaire, Marcheprime est l’une des plus jeunes communes du département de la Gironde. Autrefois dépendante de celle de Biganos, elle réclame l’autonomie dès 1863. Pourtant jugée « utile et désirable », cette requête n’est pas accordée, car elle suppose l’abandon immédiat et gratuit à la future commune de l’église et du presbytère, de la concession de l’eau et des terrains nécessaires à l’aménagement de places publiques et d’un cimetière notamment, conditions imposées par l’administration préfectorale et rejetées par les frères Pereire. Ce n’est qu’avec le décret du 10 octobre 1946 qu’elle obtient enfin le statut de commune.

L’esprit innovant, tant dans le domaine de l’aménagement que de l’économie, qui a présidé à la création de Marcheprime se retrouve dans toutes les étapes de son développement. Ainsi, en 1909, un aérodrome fréquenté par des aviateurs de renom tels Le Blon ou Léon Delagrange est créé. Il connaît ses heures de gloire l’année suivante, alors qu’il accueille la semaine officielle de l’aviation, en présence du président de la République, Armand Fallières. Quelque temps plus tard, l’aérodrome laisse place à la plus grande station de télégraphie sans fil au monde : la station Bordeaux-Lafayette, inaugurée en 1920.

Aujourd’hui, à Marcheprime, des activités comme la transformation du bois, et surtout la distillation (avec l’usine de la Compagnie des produits résineux, autrefois la plus moderne d’Europe) ont été remplacées par l’exploitation du sable par l’entreprise Saint-Gobain.


Commune

  • Code postal : 33255
  • Nom des habitants : Marcheprimais, Marcheprimaises
  • Superficie : 2456 hectares
  • Population : 3914 habitants (2006)
  • Origine du nom et description du blason :

    En gascon marcheprime peut se traduire par "marche menu". C’est à l’origine le surnom de Pierre Raymond, aubergiste, le premier habitant à s’installer à Testemaure, lieu-dit qui devient plus tard Marcheprime. L’aubergiste devait être un homme pressé, marchant à petits pas. En 1837, un acte notarié fait état du lieu de Marcheprime, époque à laquelle le toponyme Testemaure disparaît au profit de celui de Marcheprime.

    Sur le blason, imaginée par Madame Guilhem, artiste décorateur, la coquille Saint-Jacques et la bande verticale centrale symbolisent la route des pèlerins allant à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne). La bande horizontale rappelle que c’est au quartier de Croix d’Hinx que se situait la limite entre les territoires des cités gallo-romaines des Boiens, pays de Buch, et des Bituriges, pays de Bordeaux. Les moutons et les crosses de fougère suggèrent les anciennes landes, vastes espaces de parcours de troupeaux, et l’arbre et la cornue symbolisent la présence de l’antique forêt de pins maritimes, ainsi que les activités de transformation qu’elle induisait, telle que la distillation de la résine, qui donnait de l’essence de térébenthine.


Informations pratiques

Mairie de Marcheprime : 05.57.71.18.70

http://www.ville-marcheprime.fr/


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Patrick Epron (1998). Dictionnaire de l’origine des noms de lieux en Gironde, RIS, BibTeX.

Michel de la Torre (1990). Gironde, le guide complet de ses 542 communes, RIS, BibTeX.

Jean Autin (1983). Les Frères Peireire (le bonheur d’entreprendre), RIS, BibTeX.


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