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Hôtel de Ville ou nouveau château de Villefranche

Surnommée le « nouveau château de Villefranche », l’imposante façade de cette demeure bourgeoise, flanquée de tourelles et surmontée d’une terrasse dominant tout le pays, n’a d’égal que son intérieur, monumental, et qui en dit long sur l’ambition de son créateur.

Tout commence en 1850, lorsque Jean-Jacques Batcave (1797-1870), juge de paix et maire de Villefranche, décide d’acheter toutes les maisons voisines à la sienne afin de les démolir et de dégager ainsi un espace suffisant pour construire ce vaste édifice carré de 18 mètres de côté, prolongé d’une aile basse, garnie par la suite d’une galerie, et entouré d’un petit parc.

Construit en cinq ans, cet impressionnant immeuble présente deux façades principales (sud et ouest), en pierre de taille, richement décorées et architecturées. Mais c’est l’intérieur qui le caractérise tout particulièrement. De style palladien - Palladio, architecte italien du XVIe siècle, dont les constructions classiques sont teintées de maniérisme extrêmement varié, eut une grande influence dans toute l’Europe -, on raconte que les velléités de grandeurs du propriétaire furent pourtant brimées.

En effet, si l’on ne connaît pas le nom de l’architecte, on sait que le prix de la construction s’élèverait à la somme de 100 000 francs, et les habitants font courir le bruit que Jean-Jacques Batcave a voulu faire daller le sol du salon de pièces d’or. Mais l’empereur Napoléon III, qui vient alors d’accéder au pouvoir, s’y serait opposé, alléguant qu’on ne devait pas marcher sur son effigie. Ce dernier donne toutefois l’autorisation de disposer les pièces verticalement, ce qui en multiplie le nombre et fait renoncer le propriétaire à son projet.

Des colonnes de faux marbre accueillent le visiteur, séparant le vestibule d’entrée d’un second vestibule où se trouve l’escalier de pierre, surmonté par des statues de Pomone et de Cérès, au sein de niches arrondies. Le rez-de-chaussée se compose de quatre pièces principales. À l’avant, un salon d’angle à quatre fenêtres, orné d’un plafond ovale en stuc doré, et la salle à manger, tapissée de boiseries sombres et de faux cuir de Cordoue. À l’arrière, la chambre des maîtres de maison à quatre fenêtres et la cuisine, ces deux salles étant séparées par un couloir et des petites pièces de service. Au premier étage, un vaste palier orné de quatre colonnes dessert quatre chambres situées dans les angles et cloisonnées d’alcôves, ainsi que trois pièces de réception situées dans les axes : fumoir, petit salon et salle de billard.

Ces pièces ont désormais d’autres fonctions, puisque les héritiers de Jean-Jacques Batcave vendent la maison en 1908 à la municipalité de Villefranche, qui installe, en 1909, la mairie et la justice de paix au rez-de-chaussée. Le premier étage héberge quant à lui, le musée d’Histoire locale fondé par Mme Léonie Gardeau en 1939. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent l’immeuble et placent sur le toit un poste d’observation pour surveiller la vallée, où passe la ligne de démarcation.

Aujourd’hui, la demeure de feu Jean-Jacques Batcave, inscrite aux Monuments historiques, n’abrite plus que la mairie et le musée et des salles d’exposition.


Patrimoine


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

(2005). Histoire et chroniques du Pays de Gurson, RIS, BibTeX.


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