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Église Saint-Étienne

Se dressant au centre du bourg d’Archignac, l’église Saint-Étienne date de la première moitié du XIIe siècle. Cependant, l’édifice porte la trace des nombreux aménagements dont elle a fait l’objet au fil des époques. Son allure ramassée et robuste est caractéristique de l’architecture religieuse de la région.

Une charte de 1168 atteste de la présence de l’église Saint-Étienne à Archignac. Dans ce document, Jean d’Asside, évêque de Périgueux, fait don à Étienne, abbé de Saint-Amand-de-Coly, de la troisième partie de cette église qui appartenait jusqu’alors à Géraud de Mons, prêtre. En effet, l’église était initialement un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Amand-de-Coly.

La nef de l’église d’Archignac ne comporte pas de voûtes. En effet, le plafond n’est en fait que le plancher du grenier, avec ses poutres apparentes. Au sol, un trou circulaire dans le dallage situé au niveau de la tribune pourrait correspondre à l’ancien emplacement d’un pilier ou d’un bénitier, ou bien encore de fonts baptismaux. Sur le sol de la nef, sont également visibles les grandes dalles de pierre des tombes des personnes ayant eu le privilège de se faire enterrer dans l’église. Enfin, l’avant-chœur, situé dans le prolongement de la nef, est constitué de quatre arcs en plein cintre, soutenant un arc-de-cloître.

Quatre baies éclairent le chœur de l’église qui mesure près de 7 mètres sur 5 mètres. Il est composé d’une petite travée terminée par une abside semi-circulaire, voûtée en cul-de-four. Le chevet correspondant à cette abside est couvert d’un toit de lauzes. Ce dernier est supporté par une corniche à la base de laquelle on distingue des modillons sculptés de têtes humaines et d’animaux.

Au sud de l’édifice, se dresse une chapelle, qui mesure environ 10 mètres sur 3, 60 mètres. Cette partie date du XIVe siècle et comprend une double croisée d’ogives retombant sur des colonnettes et des culs-de-lampe sculptés. Sur le pilier séparant la nef de la chapelle, la date de 1641 est gravée à plusieurs reprises et, apparemment, de la même main. Cependant, on ignore à quel évènement cette date fait référence. La date de 1561 est également gravée sur ce pilier, ainsi qu’un nom qui semble être celui de Lacombe. Mais, là encore, il est difficile de savoir précisément à quoi correspondent ces marques. Enfin, les murs sud et ouest de cette chapelle conservent cinq blasons, mis à jour durant les travaux de décapage, où l’on déchiffre les armes de Carbonnières de Jayac.

L’église Saint-Étienne d’Archignac porte encore les stigmates des guerres de Religion (1562-1598). Ainsi, on distingue clairement l’impact des tirs de mousquets des huguenots sur la pierre.

Des vitraux du XIXe siècle décorent les baies du chœur et de la chapelle sud. Ceux de la chapelle portent le nom de leur donateur : la famille Montazel pour celui de la Vierge (1874), et M. Alex de Bosredon pour celui de Saint-Jean-Baptiste à l’ouest (1874).

À l’ouest, un lourd clocher rectangulaire surmonte la nef. Il mesure 8,30 mètres de long sur 5,70 mètres de large et a longtemps servi de chambre de défense. Côté ouest, une porte mène au grenier. Le toit du clocher, recouvert d’ardoise, remonte aux XVIe-XVIIe siècles.

La présence d’un second clocher constitue la grande particularité de l’église d’Archignac. Ce dernier est carré et recouvert de lauzes. Situé au-dessus de l’avant-chœur, il possède une baie en plein cintre de chaque côté et est un peu plus élevé que le premier. Il remplace le clocher primitif, finalement remonté au XVIIe siècle. À ses pieds se dresse le portail roman avec ses quatre voussures et ses trois gros tores, reposant sur des piédroits et des colonnettes à petits chapiteaux.

L’église Saint-Étienne d’Archignac est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 29 novembre 1948. Les restaurations menées pendant l’hiver 1980-1981 et la mise en place d’un nouvel autel ont mis à jour les fragments de statues de pierres polychromes.


Patrimoine


Informations pratiques

Renseignements auprès de la Mairie : 05 53 28 86 17


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Jean Secret (1997). Itinéraires romans en Périgord, RIS, BibTeX.

Ouvrage collectif Périgord Quercy Agenais, 1997-1998, RIS, BibTeX.

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