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Ciboure

Implantée dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, au bord de l’océan, Ciboure a su tirer profit de cette situation en devenant une charmante station balnéaire et préserver l’authenticité de sa culture basque.

Les premières traces de la présence humaine à Ciboure remontent à l’Antiquité romaine, comme l’atteste la découverte, dans les dunes de Socoa, de pièces de monnaie à l’effigie de Vespasien ou de Volusien. Cependant, le site est plutôt défavorable à toute installation humaine dans la mesure où il est baigné par les eaux de la Nivelle et fait de dunes, de collines et de marécages. C’est pourquoi l’édification du village s’effectue de manière très lente jusqu’à la fin du Moyen Âge.

Si ce n’est une mention de Ciboure au XIIIe siècle, on a peu d’informations sur l’histoire médiévale de la ville. C’est alors un simple quartier d’Urrugne où l’on rejette les cagots, kaskarots , les marginalisés de la société. Ce n’est qu’à partir de la fin du Moyen Âge que les pêcheurs commencent à s’installer dans la petite bourgade.

En 1555, malgré l’existence d’une annexe cultuelle dans leur quartier, les habitants de Ciboure arguent de la distance les séparant de l’église paroissiale d’Urrugne. Ils obtiennent ainsi l’autorisation du pape Paul IV, de construire leur propre paroisse.

Pendant la trentaine d’années qui suit l’indépendance de Ciboure en 1603, les relations avec sa commune « mère » d’Urrugne sont si difficiles qu’Henri IV intervient en nommant Étienne de Tenon comme médiateur.

La Révolution française marque fortement l’histoire de la ville. A peine construite, les digues de protection du port sont détruites. Le commandant en second du Fort de Socoa, Théophile Malo Corret de la Tour d’Auvergne, repousse à Urrugne avec grand succès les troupes espagnoles venues soutenir l’ancien régime en 1793. Cette même année, les communes de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz se montrant réticentes aux idées révolutionnaires, les républicains prennent la liberté de les réunir sous une seule commune. Celle-ci est aussitôt baptisée Chauvin le Dragon, en hommage au Dragon Chauvin tué au Pays Basque.

Cette union n’est effective que pendant deux ans, mais les deux villes ne retrouvent leur autonomie officielle qu’en 1800.

L’histoire de Ciboure est surtout étroitement liée à l’océan. L’Atlantique reste pendant plusieurs siècles sa ressource économique essentielle. La pêche à la baleine, traditionnelle de la côte basque, est pratiquée jusqu’à la disparition des cétacés. C’est pour les guetter au large que sont édifiées des tours d’observation situées en hauteur et appelées « atalayes ».

Face à l’amenuisement des colonies de baleines et à la concurrence croissante des pêcheurs anglais et hollandais, les Cibouriens partent à la conquête de nouveaux territoires maritimes, aussi éloignés soient-ils. Ils obtiennent l’autorisation d’aller jusqu’à Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon, le Groenland, en 1783, où ils pêchent la morue et le thon. Mais, face aux conflits avec les Anglais, ils doivent se rabattre sur la sardine dans le Golfe de Gascogne.

Le XIXe siècle et le début du XXe siècle bouleversent la pêche traditionnelle cibourienne. Apparaissent alors de nouvelles méthodes de pêche, privilégiant les prises de masse et éclipsant l’ancestrale pêche à la canne. S’ouvrent aussi des conserveries à huile, délaissant les procédés artisanaux habituels.

La pêche cibourienne et luzienne constitue un secteur très lucratif. Ciboure atteint des sommets en 1947, lorsqu’il devient le port sardinier français le plus productif. Mais les années 1960 marquent le déclin de l’activité, si bien que ne subsiste en 1979 qu’une seule usine dépendant de la pêche, fermée en 1997.

La ville de Ciboure commence à séduire les artistes dès 1864, avec l’arrivée du chemin de fer qui la rend plus facile d’accès. C’est son emplacement et son environnement exceptionnel qui séduisent les esthètes. Ils apprécient en particulier de se réunir dans la célèbre pension Anchochuri. La popularité de Maurice Ravel, natif de la commune, renforce cette vocation artistique de la ville et lui procure un prestige international.

Aujourd’hui, le port de Ciboure - Saint-Jean-de-Luz est géré par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bayonne. Ciboure conserve son identité liée aux métiers de la mer ; l’activité touristique vient cependant apporter de nouvelles ressources valorisant son environnement, son identité et son patrimoine.


Commune

  • Nom des habitants : Cibouriens, Cibouriennes ou Ziburutars
  • Superficie : 744 hectares
  • Population : 6283 habitants (1999)
  • Cours d'eau :

    la Nivelle

  • Origine du nom et description du blason :

    Le toponyme Ciboure, ou Ziburu, résulte de la locution basque zubi buru qui signifie « au bout du pont » et qui correspond à sa situation à une extrémité du pont enjambant la Nivelle. Le nom « Subiboure » apparaît pour la première fois au XIIIe siècle, et le nom actuel « Siboure », quoiqu’orthographié différemment, en 1684. La commune de Ciboure obtient son statut d’indépendance en 1603 sous la plume d’Henri IV, non sans difficulté puisque les seigneurs d’Urtubie, contrôlant Urrugne, s’opposent farouchement à ce morcellement de leur territoire.

    Les armoiries de Ciboure sont adoptées en 1992. Elles reprennent, à quelques ajouts esthétiques près, le blason qui figure sur la fontaine monumentale de Ciboure classée aux Monuments Historiques. Elles se déclinent ainsi : « D’argent à la mer d’azur, au cheval contourné d’argent brochant sur le fût au naturel d’un arbre de sinople terrassé du même, fruité d’or, accosté de deux vaisseaux affrontés au naturel voguant sur la mer, l’un à dextre et l’autre à sénestre ».


Informations pratiques

Mairie de Ciboure

Place Camille-Jullian

64500 CIBOURE

05.59.47.26.06

http://www.mairie-ciboure.com

Office de tourisme de Ciboure

27, quai Maurice Ravel

64500 CIBOURE

05.59.47.64.56

http://www.ciboure.fr


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Association Ekaina (1992). Ciboure, RIS, BibTeX.

Archives d’Architecture de la côte basque (1999). Guéthary, Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, RIS, BibTeX.

Georges Fabre (1994). Carte archéologique de la Gaule, Pyrénées-Atlantiques, RIS, BibTeX.


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