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Château de Montferrand-du-Périgord

Sur la colline rocheuse qui domine la vallée de la Couze, se dressent encore les beaux restes du château médiéval de Montferrand. La tour féodale ( turris , dans les pays d’oc), qui a pour fonction essentielle d’être visible de loin, est ici construite sur un plan carré. Elément imposant, elle est l’emblème de l’autorité et de l’omnipotence du seigneur, et assoit sa légitimité. Celle du château de Montferrand, qui semble en avoir compté huit, est l’une des plus anciennes du Périgord.

Le mur ouest est orné d’un contrefort médian qui permet en effet de dater cette tour du milieu du XIIe siècle. On observe qu’elle est dépourvue de dispositifs de défense active : une fois enfermés, protégés par les épaisses murailles, les assiégés attendent passivement.

Une deuxième tour plus spacieuse, dans le prolongement de la tour féodale, mais séparée d’elle par un vide de quelques pieds, sert de logis seigneurial. Cet espace était franchissable à bonne hauteur au moyen d’une passerelle escamotable, le domicilium . A une époque tardive, on fait un bâtiment unique des deux tours, à l’origine séparées. Du côté ouest du logis, les latrines surplombent le vide.

Rapidement, des partages successoraux conduisent à la création d’une coseigneurie. En 1274 déjà, Isarn de Balenx et Aimeric de Biron reconnaissent tenir conjointement la seigneurie du roi d’Angleterre. En 1304 est prononcée une sentence arbitrale par laquelle on voit que ces deux coseigneurs avaient chacun une tour au château de Montferrand.

Il n’y a jamais eu ni douve, ni pont-levis. Les logis seigneuriaux (au nord) étaient séparés de la basse-cour (au sud), par une légère dépression de terrain, qui forme le chemin rural actuel. Une seconde tour se trouve du même côté que la première et, à la Renaissance, on les réunit sans doute par un beau corps de logis, qui existe encore au milieu du XIXe siècle.

Cette hypothèse est renforcée par deux éléments. Le premier est la présence d’une chapelle castrale. Destinée à attirer la bienveillance divine, elle surmonte ici, de façon classique, la porte d’accès à l’enceinte seigneuriale. Le second argument est la découverte récente d’un fragment de linteau de cheminée, orné d’une frise de personnages sculptés, et datant du XIIe ou du XIIIe siècle. Mis au jour à l’emplacement supposé de la tour qui s’effondre, en 1738, au nord du bâtiment Renaissance, le fragment découvert pourrait fort bien provenir de ce logis.

Lors des guerres de Religion, la petite chapelle Renaissance protège le suaire de Cadouin pendant quelques années. À la veille de la Révolutionfrançaise, le château est encore la propriété des Gontaut-Biron. En 1793, son propriétaire Louis-Armand est décapité, et le château retourne dans les mains de son père, qui meurt en 1798 criblé de dettes.

Puis le château est démembré et sert de carrière de pierres, il est vendu par lots à des particuliers. Parmi eux, le curé Treille entreprend, au milieu du XIXe siècle, d’importants travaux, qui sont vivement critiqués.

En 1922, le château revient aux mains des Montferrandais, qui réaménagent les bâtiments et le parc. Le château est inscrit aux Monuments Historiques en 1948.


Patrimoine


Informations pratiques

Ce château ne se visite pas.


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Jacques Lagrange (2005). Le Périgord des mille et un châteaux, RIS, BibTeX.


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