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Branne

Mais la prospérité de Branne est née d’une nécessité, traverser la rivière Dordogne, et d’une opportunité du relief, un abaissement de la côte calcaire de l’Entre-deux-Mers découpée ici en interfluve surbaissé entre les esteys des Goths, du Saint Etienne et du Lyssandre qui convergent selon des indications tectoniques.

C’est sur l’interfluve entre Lyssandre et Saint Etienne que le village s’établit, les romains préférant les coteaux ensoleillés de Lugaignac et Saint Aubin. Sa prospérité naît de son rôle de passage et de sa situation aux confins du Bordelais et du Bazadais dont la limite était le Lyssandre.

En 1087, la paroisse est confiée à l’Abbaye de la Sauve, et le bac par lequel ont franchissait alors la rivière et l’actuelle rue Lamothe et la route de Guillac étaient alors fréquentés par les pèlerins de Saint Jacques. Au Moyen-Âge, les buttes féodales de Montremblant et de Charlemagne (à Cabara) surveillaient ce passage.

La Dordogne était également franchie par des ponts de bateaux lors du passage des grands personnages : le maréchal de Matignon (1585), Louis XIII et sa cour, le 18 décembre 1615, Mazarin le 15 juillet 1559, et plus récemment, le duc de Wellington et ses troupes à la fin des guerres napoléoniennes. Chaque fois Branne ne s’en remit que très lentement.

Les ponts de Branne ne sont venus qu’au XIX° siècle, d’abord un pont suspendu avec ses barrières d’octroi, puis au XX°, un pont Eiffel qui le doubla. La position de celui-ci obligea à remblayer et à détourner la Grand-rue. Le 24 août 1944, dans sa retraite et devant l’avancée des maquis en provenance de Saint Jean-de-Blaignac, l’armée allemande le fit sauter. Reconstruit, il vient juste d’être élargi.

De son rôle de point de passage obligé Branne a tiré sa prospérité, et de son territoire exigu et contraint par son environnement topographique et humain, son caractère ancien de bourg. Très vite elle devint place d’échanges et donc de surveillance, avec une gendarmerie et un relais de poste tous deux à l’emplacement de l’ancien Hôtel de France. Ses marchés prirent de l’ampleur surtout après que le Gentil Régent de France, Philippe d’Orléans, par lettre patente eut autorisé la tenue des marchés hebdomadaires du jeudi. Une halle fut édifiée, d’abord en pierre et bois à l’emplacement de la halle actuelle. Et les seigneurs de Blagnac dont relevait la paroisse y trouvaient leur compte, à tel point qu’à la restauration, le duc de la Force, ex-propriétaire des droits et taxes sur cette halle, à son retour d’émigration, revendiqua leur restitution, et fut débouté.

Ville dynamique de marchands et donc de bourgeois, Branne de la sorte accueillit avec ferveur la Révolution, et dès 1791 construisit une magnifique mairie rue Lamothe, près de la rivière centre des activités.

Aux XVIII° et XIX° siècles le bourg, devenu chef lieu de canton est particulièrement prospère, on y compte plus de 75 artisans et commerçants, des pêcheurs, des accastilleurs et cordiers, des fabricants de filets, et des constructeurs de barques. On y décharge les pipes de vins descendues de la haute Dordogne directement sur les berges ; on tire les bateaux de pêche au sec dans les esteys, et surtout à l’escave. A cette vie s’ajoute celle des tavernes et cabarets, des filles libres, au grand dam des curés de l’époque. A la fin du XIX° siècle, la prospérité est telle que entre 1865 et 1895 on construit l’église actuelle avec ses deux flèches, sur cotisation de la population, la mairie et les écoles publiques, les écoles confessionnelles des frères, le monument aux morts cantonal après la guerre de 1870, les quais et cales (avec un projet de gare ferroviaire), L’Hospice cantonal grâce à une généreuse donatrice Mlle Dubois, et la Halle Baltard en 1895 ; Parallèlement, le bourg s’urbanise avec l’édification de grandes maisons bourgeoises, la construction de trottoirs, et le pavage de la Grand-rue. Dès 1870, la commune s’était dotée d’un corps de Sapeurs-Pompiers.

La Grande Guerre, les crises des années 30, puis la Seconde Guerre auront raison de cette prospérité. Et si la Wermacht établit une Kommandantur et ses cantonnements, de la Débâcle jusqu’en 1944, ce n’est guère en raison des services que Branne pouvait donner, mais de sa position stratégique de contrôle du passage de la rivière.

Porte du Libournais, Branne est devenue chef-lieu de canton à la Révolution, perpétuant jusqu’à aujourd’hui son dynamisme hérité de l’histoire.

Galerie photo

Branne Mairie de Branne Église Saint-Étienne, Branne Pont de Branne Branne Branne Branne Branne Monument aux morts de Branne Branne Halle de Branne

Commune

  • Code postal : 33071
  • Nom des habitants : Brannais, Brannaises
  • Superficie : 240 hectares
  • Population : 949 habitants (1999)
  • Origine du nom et description du blason :

    Si le nom de Branne est d’origine gauloise Bran signifiant soit des "terres boueuses, fangeuses", soit le "corbeau" (on retiendra ici la première étymologie), le hameau du Guspit est peuplé dès le Paléolithique, et longtemps les charrues des agriculteurs y ont soulevé bifaces et éclats de silex.


Informations pratiques

Mairie de Branne : 05.57.84.52.33

Office de tourisme de Branne : 05.57.74.90.24


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Michel de la Torre (1990). Gironde, guide complet de ses 542 communes, RIS, BibTeX.
Patrick Epron (1998). Dictionnaire de l’origine des noms de lieux en Gironde, RIS, BibTeX.


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