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Bordeaux

La renommée internationale de Bordeaux, capitale de l’Aquitaine, est naturellement associée à ses vignobles qui ne constituent pas cependant son seul atout. Inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la ville historique déploie sur le fleuve ses brillants témoins de l’architecture classique. Elle demeure une ville dynamique et vivante, accueillant les initiatives porteuses d’innovation et de créativité.

Les Gaulois s’implantent probablement sur les bords de la Garonne, entre le VIIe siècle et le VIe siècle av. J.-C. Ils sont relayés au IIIe siècle av. J.-C. par les Biturges Vivisques, qui développent le commerce de l’étain. Idéalement placée sur la courbe du fleuve, à la croisée « des bateaux de mer et de rivière », la cité s’ouvre sur le port de Burdigala investi en 56 av. J.-C. par les Romains. Sa position au confluent de la Méditerranée et de l’Aquitaine est un atout formidable dont elle jouit tout au long de son histoire.

La vigne, importée par les Romains, jouit sur les flancs de la Garonne d’un terroir idéal. Ce vignoble alimente alors les légions romaines et sa réputation vogue en leur compagnie jusqu’en Angleterre. La ville romaine devenue capitale de la province, accueille près de 20 000 habitants.

La ville est ainsi une capitale économique et intellectuelle connue de toute l’Europe. Burdigala connait une importante phase de romanisation avec la naissance du système routier et l’implantation de temples et amphithéâtre. Ausone, poète et professeur, ne se lasse jamais de célébrer son pays : « Ô ma patrie illustre par tes vins, tes fleuves et tes hommes. » La chute de l’Empire romain précipite la cité et son riche commerce dans l’oubli.

Au Xe siècle, le renouveau est initié par l’aristocratie locale et s’accompagne d’une vitalité économique sans précédent. La christianisation des élites invite à de grandes œuvres comme l’édification de l’église Sainte-Croix. La vigne est alors entièrement dévolue au vin de messe et se cultive partout dans la cité.

Guillaume X, duc de la puissante Aquitaine, meurt sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en laissant à sa descendante Aliénor un immense héritage. Cette dernière épouse en 1137, le roi de France Louis VII. Le mariage est annulé en 1152. La duchesse convole alors en justes noces avec Henri II Plantagenêt. Ce dernier porte deux ans plus tard la couronne du roi d’Angleterre. Le destin de Bordeaux est uni pour trois siècles à celui des Anglo-Saxons. La domination anglaise devient synonyme de prospérité.

Devenue le premier port avancé du royaume, la ville s’enrichit. La croissance s’accompagne d’une intense période de construction. La cathédrale Saint-André et la basilique Saint-Michel sont élevées sous l’influence du pape Clément V, archevêque de Bordeaux. De superbes châteaux forts (Villandraut, Budos) s’élèvent en campagne.

La prospérité de l’Aquitaine anglo-saxonne encourage le royaume de France à récupérer son héritage. La guerre de Cent Ans s’achève avec la bataille de Castillon, le 17 juillet 1453. Le duché d’Aquitaine entre dans le giron français. A la suite de ces conflits, Bordeaux, ville de commerce et d’échanges se relève partiellement.

Un siècle plus tard, c’est encore le pragmatisme des marchands qui sauve la ville des désastres provoqués par les guerres de Religion. Favorisant le commerce des vins avec l’Europe du Nord, les Bordelais accueillent en leurs murs les commerçants protestants hollandais et hanséates.

Brièvement tentée par un statut de république indépendante après la révolte de l’Ormée, entre 1651 et 1653, la cité hostile à l’autorité parisienne revient dans le giron de Louis XIV. Ce dernier pour mater les rebelles et impressionner son monde charge le chevalier de Clerville d’élever une forteresse remaniée en 1675 par Vauban. L’architecte conforte la défense de Bordeaux avec la citadelle de Blaye et les constructions de Fort-Pâté et de Fort-Médoc.

La situation ne s’apaise que lorsque l’intendant Colbert offre à la ville le monopole du commerce avec les îles (les Antilles et surtout Saint-Domingue, l’île du sucre). Cet acte marque la naissance d’un nouvel âge d’or pour les Bordelais. Le port de la Lune (appelé ainsi en raison de la courbe du fleuve) devient alors un pôle essentiel du commerce international entre l’Europe du Nord, les Amériques et les Antilles. Il se trouve également au cœur du commerce "triangulaire". Embarqués en Guinée, les esclaves africains voyagent avec les denrées jusqu’à Bordeaux avant de rejoindre les plantations de cannes à sucre des îles.

Au XVIIIe siècle, Bordeaux devient le deuxième port du monde derrière Londres et le premier du royaume. Naturellement, la ville se transforme, profitant de son élan. Les intendants royaux établissent sur les ruines de la cité médiévale, une ville moderne, monument d’architecture classique. Les intendants Boucher et Tourny en sont les promoteurs. Ils créent sur le fleuve la remarquable façade des quais, dessinant la ville comme une épure où apparaissent des boulevards ombragés, des places royales, des portes monumentales, le plus grand théâtre d’Europe, apogée artistique. Les Bordelais ne demeurent pas en reste élevant de superbes hôtels particuliers dans le quartier des Chartrons notamment. Dans ses murs, des personnalités venues de toute l’Europe et de toutes classes sociales soutiennent les mouvements progressistes qui deviendront pendant la Révolution, les Girondins mesurés, hostiles aux Jacobins.

L’économie du vin bénéficie, elle aussi, de cette prospérité. Depuis le XVIIe siècle, les parlementaires et les négociants n’ont cessé de constituer d’immenses domaines viticoles. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la mode est aux vastes et fertiles terres du Médoc. Rapidement, ces vins de Médoc, véritables produits de luxe, concurrencent les vins de Graves, célèbres depuis des décennies.

Avec la Révolution, la cité perd brutalement tout prestige. Le blocus de la guerre franco-anglaise et la perte de Saint-Domingue donnent un coup d’arrêt à sa prospérité. Malgré la construction de la passe des Quinconces et du pont de Pierre, la ville passe le premier quart du XIXe siècle à essayer de retrouver sa splendeur passée.

Il faut attendre le Second Empire et l’arrivée du chemin de fer en 1852 pour que la ville retrouve son dynamisme légendaire. La plantation de la forêt des Landes, la plus grande forêt française, fait émerger de nouvelles activités : industrie chimique et construction navale vont désormais compléter l’activité du port.

L’économie portuaire redémarre également avec le remplacement de Saint-Domingue par l’Afrique-Occidentale française et le Maroc. Devenant alors une escale coloniale, le port de Bordeaux se voit enfin doté de quais, de docks bordés de faubourgs populaires. La ville, sensiblement, se tourne vers elle-même isolant le port et les berges.

La ville redevient un foyer artistique original avec les personnalités insolites d’Odilon Redon, Marquet, Lhote, Mauriac et Saint-John-Perse. Malheureusement, le renouveau n’est qu’éphémère. Alors que la France entame la décolonisation, le port et toute son économie sont à nouveau ruinés. Dans cette lente et longue période de déclin, la ville devient cependant par trois fois la capitale de l’hexagone, en 1871, 1914 et 1940.

Après la Seconde Guerre mondiale, Jacques Chaban-Delmas s’affirme comme l’acteur du renouveau. La création du pont d’Aquitaine, du quartier Mériadeck, du nouveau port, du Grand-Parc, du parc des expositions du Lac et du campus universitaire de Talence sont les grands témoins de cette période.

Aujourd’hui, sous l’influence d’une économie dynamique, Bordeaux s’attache à reconstruire ses liens avec le fleuve. Les rives industrialisées puis délaissées du XIXe siècle sont peu à peu réinvesties : un vaste jardin botanique, des promenades, des lieux culturels s’y côtoient désormais.

Son image de ville provinciale peu à peu s’estompe grâce à la vitalité de la viticulture et du commerce international qu’elle engendre, et par la présence de groupes industriels de pointe. Ainsi accueille-t-elle un projet unique en Europe de création d’un Laser Mégajoule (2009) et les leaders de l’aéronautique.

Festive, Bordeaux l’est également. Le spectacle vivant tient une place prépondérante dans les loisirs bordelais avec quelques scènes incontournables comme l’Opéra de Bordeaux, le Grand-Théâtre ou la Rock School Barbey, labellisée par le ministère de la Culture. Les fêtes du vin et du fleuve rassemblent chaque année les amateurs de réjouissances populaires, le festival Novart réunit quant à lui les acteurs de l’art contemporain.

Ville passionnante à découvrir, Bordeaux ne se résume pas à un vignoble et à un port bien que leur histoire commune ait influencé l’économie, l’urbanisme, la culture et la société bordelaise. Bordeaux vient ainsi d’être classée patrimoine mondial de l’UNESCO en tant qu’en ensemble urbain exceptionnel le 28 juin 2007.

Galerie photo

Bordeaux Bordeaux Hôtel de Ville de Bordeaux Place de la bourse et miroir d'eau Miroir d'eau, Bordeaux Cathédrale depuis la rue du Loup, Bordeaux Cathédrale Saint-André, Bordeaux Cathédrale Saint-André, Bordeaux Jardin public, Bordeaux Palais de justice de Bordeaux Amphithéâtre du Palais Gallien, Bordeaux (33) Colonne des Girondins, Place des Quinconces à Bordeaux Place des Quinconces à Bordeaux Place Stalingrad, Bordeaux Vue de Bordeaux depuis la rive droite Grand théâtre de Bordeaux Pont de pierre, Bordeaux Bourse maritime, Bordeaux Église Saint-Louis, Bordeaux Quais de Bordeaux Vue depuis la Flèche Saint-Michel, Bordeaux

Commune

  • Code postal : 33063
  • Nom des habitants : Bordelais, Bordelaises
  • Superficie : 4455 hectares
  • Population : 215363 habitants (1999)
  • Origine du nom et description du blason :

    les fleurs de lis sont les armes des rois de France, le léopard est celui des armes de la Guyenne, le château évoque l’ancien hôtel de ville, et le croissant représente la courbe décrite par la Garonne.


Informations pratiques

Mairie de Bordeaux :
05 56 10 20 30

Horaires :
du lundi au vendredi
de 8h30 à 18h

Office de tourisme de Bordeaux :
12 cours du XXX Juillet

Tél. : 33 (0) 5 56 00 66 00
Fax : 33 (0) 5 56 00 66 01

otb@bordeaux-tourisme.com


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Michel de La Torre (1990). Gironde, Le guide complet de ses 542 communes, RIS, BibTeX.
Jean-Michel Mahenc (dir.) (2000). Bordeaux, Gironde. 21 siècles devant l’Atlantique, RIS, BibTeX.
Robert Etienne (1994). Histoire de Bordeaux, RIS, BibTeX.
Ch. Higounet (dir.) (1980). Histoire de Bordeaux, RIS, BibTeX.


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