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Blaye

Importante ville gallo-romaine, centre viticole renommé, Blaye est surtout une cité façonnée par les enjeux militaires et la construction de sa citadelle aujourd’hui mondialement reconnue pour sa valeur patrimoniale. Porte de l’estuaire de la Gironde, elle est un des fleurons du département.

Très, tôt, dès le Néolithique, le territoire est exploité par les hommes. Ensuite, au premier âge du fer, le site de la Citadelle est probablement occupé par un oppidum barré à la confluence de la Gironde et du Saugeron. Ultérieurement, l’espace gaulois est organisé par Auguste vers la fin du Ier siècle avant J.-C. Blaye fait alors partie de la cité administrative des Bituriges Vivisques ayant pour chef-lieu Burdigala (Bordeaux en latin). Quand Messala est nommé proconsul, il fait établir un poste militaire à Blaye auquel il donne le nom de Castrum belli viae qui devient plus tard Blavia. Les sources historiques et archéologiques permettent d’imaginer l’existence aux Ier et IIe siècles d’un habitat groupé, constituant une ville secondaire autour d’un carrefour routier et fluvial. Blaye est mentionnée par deux routiers antiques comme une station-relais sur la portion de route qui mène de Bordeaux à Saintes, capitale de la province Aquitaine : la table de Peutinger datée du début du IIIe siècle et l’Itinéraire d’Antonin de la fin du IVe siècle. Sur la première, Blaye est nommée Blavia, sur la seconde, Blavium.

Dans le cadre d’un aménagement militaire de défense du littoral, le tractus Armoricanus, une forteresse est construite vers la fin du IIIe et au début du IVe siècle. Le castrum de Blavia. S’agissant de la seule structure militaire de la cité de Burdigala abritant une garnison, les milites Garronenses assurent la protection de la Gironde.

Après le redressement de l’Empire romain, Blaye comme toute l’Aquitaine connaît une période de prospérité et de paix. Au IVe siècle, la cité figure parmi les ports actifs. Elle est alors, après la réforme administrative de Dioclétien, chef-lieu du canton auquel elle a donné son nom, le pagus Blavensis.

Par ailleurs, à la fin du IVe siècle, Blaye devient un point de fixation du christianisme grâce à la venue du prêtre Romain. Cependant, à partir de 406, deux vagues d’invasions rompent la paix. De 768 au début du IXe siècle, une lutte permanente s’engage entre les Gascons et le pouvoir carolingien. L’époque carolingienne marque une sombre période de guerre omniprésente. Les événements entraînent le renforcement du rôle militaire de Blaye.

Entre le XIe et le XIVe siècle, Blaye participe au mouvement de renouveau des villes qui touche toute l’Europe occidentale et profite du développement du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville prend alors sa forme unitaire. En effet, le bourg castral se forme autour du pôle antique, quant au castrum et aux bourgs monastiques, ils sont placés autour des monastères Saint-Romain et Saint-Sauveur.

D’ailleurs, du Xe siècle au début du XIVe, le château change successivement de seigneurs. En 1047, le comte Geoffroi donne le château en apanage à l’un de ses fils, Geoffroi Rudel qui prend la tête de la lignée des sires de Blaye, fidèles au roi d’Angleterre.

Cependant, la disparition de Geoffroi Rudel permet à l’administration anglaise de prendre possession de la châtellenie de Blaye. Par la suite, en 1126, c’est le duc d’Aquitaine Guillaume IX qui s’empare du château mais il le détruit. Il est ensuite repris par Vulgrin II, comte d’Angoulême qui le reconstruit entre 1126 et 1137.

Au cours des guerres de Religion, le bastion catholique de Blaye, est assiégé plusieurs fois par les calvinistes. Une importante campagne de travaux commence sous le gouvernement de Louis XIII, destinée à résoudre le problème posé par la fragilité du rempart médiéval. La place de Blaye est appelée à devenir une grande forteresse. L’importante garnison ne pouvant plus être contenue dans le château, les maisons de la ville haute sont frappées d’expropriation et les habitants sont amenés à construire dans le faubourg.

La garnison s’installe alors dans de nouveaux pavillons construits vers 1675, mais, à peine terminés, certains ouvrages semblent déjà dépassés. Deux plans voient donc successivement le jour : celui de Ferri en 1680, puis celui de Vauban en 1685. La construction de la Citadelle contribue au changement topographique de Blaye en bouleversant son tissu urbain. L’ensemble des travaux est achevé en 1693.

La place assiste au seul siège de son histoire en 1814, pendant trois jours. Au cours de l’histoire, la forteresse tient essentiellement un rôle de prison, avant d’être démilitarisée.

Vendue pour un franc symbolique à la ville en 1954, la citadelle est depuis progressivement réhabilitée. Inscrite dans le Réseau Vauban, elle est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008. La cité, non seulement riche de son exceptionnel patrimoine, est aussi aujourd’hui l’image de marque des vignerons des prestigieuses Côtes de Blaye.


Commune

  • Code postal : 33058
  • Nom des habitants : les Blayais, Blayaises
  • Superficie : 642 hectares
  • Population : 4920 habitants (2006)
  • Origine du nom et description du blason :

    viendrait du latin Belli via, nom de la voie romaine Saintes - Bordeaux.

    il reprend le même dans le principe que celui d’Angoulême et de Périgueux, les trois villes ayant appartenu aux comtes d’Angoulême. Les deux tours maçonnées jointes par un entre-mur crénelé percé d’une porte en herse représentent les fortifications de la ville sur le bord de la Gironde. La fleur de lis a été rajoutée après la conquête française.


Informations pratiques

Mairie de Blaye, 7, cours Vauban – BP 125 – 33 390 Blaye, 05.57.42.68.68.

Office de tourisme du canton de Blaye, 2, allées Marines – 33 390 BLAYE : 05.57.42.12.09

www.blaye.net

mairie@blaye.fr

www.tourisme-blaye.com

info@tourisme_blaye.com

Syndicat Viticole des Premières côtes de Blaye, 11 cours Vauban – 33 390 Blaye : 05 57 42 91 19

www.aoc-blaye.com


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Marie-Ange Landais (1999). “Blaye à grands traits, du promontoire à la Citadelle : 7000 ans d’histoire”, in n°92 (édité par), Les Cahiers du Vitrezay, RIS, BibTeX.

Dulon (1862). Recherches Historiques sur la ville de Blaye, RIS, BibTeX.

Johel Coutura (1990). Visiter Blaye, RIS, BibTeX.

Johel Coutura (1988). Blaye, porte de Bordeaux, RIS, BibTeX.

Olivier Caro et Marie-Ange Landais Blaye, la citadelle de Vauban, RIS, BibTeX.

(1988). “Blaye au Moyen Age”, in n° 68 Bordeaux (édité par), Les Cahiers du Vitrezay, RIS, BibTeX.

Birolleau-Brissac (1968). Histoire de Blaye, RIS, BibTeX.

Emile Bellemer (1886). Histoire de la ville de Blaye depuis sa fondation par les Romains jusqu’à la captivité de la Duchesse de Berry, RIS, BibTeX.

(1982). “Abbayes et couvents du Blayais”, in Paris (édité par), Les Cahiers du Vitrezay, RIS, BibTeX.


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