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Biriatou

Perché dans les montagnes et surplombant la Bidassoa, frontière entre la France et l’Espagne, Biriatou possède un site privilégié qui a facilité l’implantation de population.

Sur toute l’étendue du Pays Basque se trouvent les restes d’une culture protohistorique : les tumuli ou cromlechs, ces tertres funéraires situés la plupart du temps sur les hauteurs. Le territoire de la commune de Biriatou abrite quelques-unes de ces sépultures, notamment sur le col des Poiriers, où leur datation est estimée entre 290 et 90 avant Jésus-Christ. Le site correspond à l’époque aux nécessités géographiques imposées par ces croyances primitives.

Hormis le passage de ses armées se destinant à la péninsule ibérique, l’Empire romain ne s’est pas intéressé à cette partie de la vallée de la Bidassoa. Au Moyen Âge, Biriatou représente un petit ensemble d’habitations faisant partie du territoire d’Urrugne, sous le contrôle des seigneurs d’Urtubie. Entre le XIIIe siècle et le XVe siècle, l’histoire de Biriatou est intimement liée aux seigneurs de Boniort dont la maison, dominant la Bidassoa, est sous la tutelle d’Urtubie. De par sa situation sur le fleuve frontière entre la France et l’Espagne, Biriatou est surtout le témoin des conflits opposant les grandes puissances européennes pendant plusieurs siècles.

Pendant l’occupation anglaise (depuis le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt en 1152 jusqu’en 1451), la commune assiste aux assauts des armées castillanes. Mais elle est aussi le témoin des affrontements entre Anglais et Français, ces derniers récupérant la province du Labourd grâce au commandement du comte de Foix et de Dunois pour le roi Charles VII en 1451. S’ensuit une période de conflit entre les Français et les Castillans. Après les affrontements de 1512, l’épidémie de peste s’abat sur le Labourd et Biriatou n’est pas épargnée.

C’est sur la Bidassoa que le roi François Ier, prisonnier des Castillans, est échangé contre rançon. En 1539, une période de trêve voit le jour entre les deux puissances voisines, ce qui permet aux Biriatuars d’assister au passage des Espagnols se rendant aux Pays-Bas.

À la fin du XVIe siècle, ce sont les guerres de Religion déchirant la France qui donnent prétexte aux Castillans pour passer à nouveau la Bidassoa. Ils soutiennent le parti catholique contre la religion protestante professée par le futur Henri IV. Le Labourd est envahi en 1637 après une année de guerre déclarée par Louis XIII. Biriatou est à nouveau le premier village à subir l’invasion, qui cause de graves dommages pour la population civile : maisons détruites, maladies, maltraitances, perte des moyens de subsistance, le tout conduisant à des déplacements forcés.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les conflits se décentralisent vers les côtes, où brillent les corsaires locaux, offrant au village une période de calme relatif. Pendant la Révolution, Biriatou se trouve cette fois au cœur même des combats entre Français et Castillans soutenant la monarchie. Les Espagnols s’installent même pendant plusieurs mois au sein du village. Au début du XIXe siècle, après la chute de Charles IV, Biriatou devient l’un des centres de résistance des troupes alliées. En 1814, le village est une nouvelle fois occupé par les Espagnols.

Après ces invasions, Biriatou devient un lieu de refuge lors des guerres carlistes espagnoles de la fin du XIXe siècle.

De nos jours, Biriatou vit de son activité agricole, de l’artisanat et du tourisme. Sa situation entre collines et vallée de la Bidassoa en fait le départ de nombreuses randonnées en suivant le GR10. Biriatou, de par son caractère architectural typique de la région, est aujourd’hui un village classé.


Commune

  • Nom des habitants : Biriatuars
  • Superficie : 1104 hectares
  • Population : 1004 habitants (2008)
  • Cours d'eau :

    la Bidassoa

  • Origine du nom et description du blason :

    Les archives religieuses révèlent le toponyme de Saint-Martin de Biriato dès 1305. Biriatou, devenu village indépendant en 1603, est originellement un quartier de la paroisse d’Urrugne.

    Les armoiries sont adoptées en 1989 : « Coupé, au I à dextre d’or au lion de gueules tenant de sa patte dextre un dard péri en barre, la pointe en haut, aussi de gueules ; parti d’azur à une fleur de lys d’or, qui sont les armes du Labourd ; à senestre, de gueules à la rose des vents ou boussole d’argent, les pointes d’or et de sable, à la flèche d’azur brochante en barre, la pointe en bas à dextre ; au II au saumon d’argent nageant dans une onde d’azur et d’argent. » Dans la mesure où les armoiries originelles n’ont pas été retrouvées, le blason actuel reprend d’une part les armes d’Urrugne et du Labourd ainsi que la traduction héraldique de la situation géographique de Biriatou par rapport à la France (la pointe de la boussole inclinée vers le sud-ouest), et, d’autre part, le symbole d’une des principales activités économiques de Biriatou, la pêche au saumon dans la Bidassoa.


Informations pratiques

Mairie de Biriatou

64700 BIRIATOU

05.59.20.71.24

http://www.biriatou.fr/


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Georges Fabre (1994). Carte archéologique de la Gaule, Pyrénées-Atlantiques, RIS, BibTeX.

Association Ekaina (1989). Biriatou, RIS, BibTeX.

, RIS, BibTeX.


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