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Beaumont-du-Périgord

La création de la Bastide de Beaumont, en 1272, est étroitement liée aux décisions politiques prises en Aquitaine par le roi-duc Henri III et son fils Édouard. Fondée par Lucas de Thaney, Sénéchal de Guyenne, au nom du roi d’Angleterre, son urbanisme rectiligne se distingue des places fortes françaises. De cette époque, on peut encore voir la double porte de défense de Luzier et les vestiges des remparts.

Mais Beaumont connait une occupation humaine bien avant le XIIIe siècle, comme l’attestent quelques découvertes archéologiques : une fibule ansée symétrique de la fin du VIIe siècle (conservée au musée de Sainte-Bazeille) ; et sept cents pièces d’argent découvertes en 1851, près du moulin des Justices.

De plus, la bastide n’a pas été créée ex nihilo . Il y avait là deux zones habitées, la Capelette au sud, et au nord Belpech, qui conserve du XIe siècle la chapelle Notre-Dame de Belpech et le château de la Pradelle.

Pour comprendre les raisons de la création de la bastide de Beaumont au XIIIe siècle, il faut se plonger dans l’histoire de l’Aquitaine, dominée par les Anglais, en cette époque troublée. Le fils d’Henri III d’Angleterre, Edouard, se marie le 1er novembre 1254 avec Aliénor, fille d’Alphonse X de Castille. Désormais, c’est le prince Edouard qui, dans l’ombre de son père, gouverne la province.

Au début des années 1270, alors que le prince Édouard participe à la croisade en Terre sainte, Louis IX, meurt devant Tunis. Son fils Philippe III lui succède sur le trône de France. Au printemps 1272, le nouveau roi de France se prépare à engager les hostilités contre le comte de Foix. L’inquiétude grandit à Londres, où l’on craint pour le duché d’Aquitaine en l’absence de son prince et au moment où la santé d’Henri III chancelle.

Henri III nomme alors à la tête du duché, en mai 1272, un homme sûr et efficace : le sénéchal Lucas de Thaney et lui confie la construction de la Bastide, pour renforcer les positions anglaises dans le secteur. Lucas de Thaney meurt le 16 novembre 1272, avant l’achèvement des travaux. C’est le prince Edouard, revenu de Terre Sainte en 1273, qui termine l’œuvre.

Pour bâtir cette bastide, les géomètres-arpenteurs ont su habilement utiliser le terrain, donnant à la bastide la forme de la lettre « s » inversée et très allongée. Des arcades ou cornières entourent la place centrale ; tout près se dresse l’église fortifiée Saint-Laurent, dont les contreforts s’appuient sur les remparts.

Puis, en sa qualité de duc d’Aquitaine (et de roi d’Angleterre) Édouard 1er accorde à la ville une charte en 1286. Beaumont reste territoire anglais jusqu’en 1442, année de la prise de la bastide par le vicomte de Turenne, lieutenant de Charles VII, roi de France. Louis XI devenu à son tour roi de France confirme, en 1461, la charte de la bastide initialement octroyée par Edouard Ier d’Angleterre. Beaumont souffre des guerres de religion, au cours desquelles la bastide endure plusieurs sièges.

Les Beaumontois, très attachés à leurs privilèges, rachètent Beaumont par deux fois. Tout d’abord en 1605, à Henri de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, pour la remettre dans les mains du roi. La seconde fois en 1643, car ils refusent de recevoir Jean-Jacques de Bergues comme seigneur. Mais le roi cède finalement Beaumont à Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, fils du duc de Bouillon et frère du grand maréchal Turenne, en échange de la principauté de Sedan. De 1651 à 1733, Beaumont reste dans les mains des Bouillon. En 1763, elle est acquise par Jean de Paty, seigneur de Luzier et reste la propriété de son fils Léonard jusqu’à la Révolution.

Par la suite, Beaumont devient le chef-lieu du canton nouvellement créé. Comme de nombreuses communes de France, elle perd son caractère militaire au XVIIIe siècle, lorsque le mur d’enceinte est abattu ou intégré aux nouvelles habitations. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la ville étend son territoire vers le nord et le sud. La commune rachète en 1875 le nouvel hôpital, belle bâtisse construite un siècle plus tôt, pour en faire la mairie. L’installation de meuniers (on dénombre 19 moulins sur la Couze) et de forgerons achève de transformer le paysage.


Commune

  • Nom des habitants : Beaumontois, Beaumontoises
  • Superficie : 2418 hectares
  • Population : 1150 habitants (1999)
  • Origine du nom et description du blason :

    La commune se nommait Beaumont avant le décret du 1er février 2001. En occitan, son nom est Bèlmont.


Informations pratiques

Mairie de Beaumont-du-Périgord

Tél. 05.53.22.30.24 / Fax : 05.53.22.30.05, e-mail : mairie-de-beaumont@bi-web.com, permanence du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h.

Office de Tourisme de Beaumont-du-Périgord

Tél. : 05.53.22.39.12 / Fax : 05.53.22.05.35, e-mail : ot.beaumont@wanadoo.fr ou ot.beaumont@perigord.tm.fr

Site Internet : http://www.pays-beaumontois.com


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Serge Avrilleau (1996). Cluzeaux et souterrains du Périgord, RIS, BibTeX.

Jacques Dubourg (1993). Connaître les bastides du Périgord, RIS, BibTeX.

Sous la direction de Dominique Audrerie (2003). Tout le Périgord, RIS, BibTeX.

Sous la direction de Henry de Sécogne Dordogne, Périgord, RIS, BibTeX.

Leo Testut (1920). La Bastide de Beaumont en Périgord 1272-1789. Etude historique et archéologique, RIS, BibTeX.

Jean DARRINE, RIS, BibTeX.


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