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Barrage de Piis

Le barrage de Piis est l’une des onze digues édifiées ou restaurées en Agenais entre Villeneuve-sur-Lot et Fumel. Grâce à cette construction, la commune acquiert une importance stratégique qui n’a de cesse de croître jusqu’au XXe siècle.

Au XIIIe siècle, des barrages sont construits dans la baylie de Penne, aux frais du roi, afin de rendre le Lot plus apte à la navigation et de compléter les travaux déjà effectués dans le Quercy voisin.

La digue de Saint-Vite doit son nom à son constructeur, un certain Étienne de Piis ou de Pins. Elle est mentionnée pour la première fois dans un acte de 1283. Elle est constituée d’un barrage sur lequel sont installés deux moulins, le moulin de Lamothe sur la rive droite et le moulin de Saint-Vite sur la rive gauche. Le site est exploité par deux seigneurs qui détiennent chacun un moulin et la moitié de la digue.

Avant 1283, il appartient pour moitié à Guillaume de Palazols et pour autre moitié à Bertrand de Mauzac. En 1283, Guillaume de Palazols donne sa partie à Bertrand de Mauzac. L’autre moitié du site, dont ce dernier est propriétaire, est alors exploitée par un autre seigneur.

Il est vraisemblable que le barrage de Piis ait profité des travaux entrepris par la couronne française sur le Lot dans les années 1290. Et, comme les autres digues construites sur le fleuve, elle est restée la propriété de seigneurs locaux, au détriment du roi. Ces barrages, dotés à leurs extrémités de moulins, sont sources d’un revenu non négligeable. En effet, aux profits des moulins s’ajoutent ceux des bacs et de la pêche liés à l’exploitation de la digue. En 1666, une écluse à la hollandaise est construite sur la rive gauche afin de faciliter le transport fluvial. Elle est reconstruite au milieu du XVIIIe siècle, ainsi que la digue. Dans les années 1840, l’écluse est à nouveau relevée et dotée de portes à vantaux. Une maison éclusière lui est ensuite jointe sur la rive.

De nos jours, la digue de Saint-Vite, avec son écluse, fonctionne toujours et le moulin de la commune est équipé d’installations pour la production d’électricité.

Comment traiter les aménagements structurels au fil des siècles sans évoquer la batellerie ? Au XIXe siècle le village actuel prend de l’extension, vivant de la navigation sur le Lot. La rue du Lot, la seule existant vers 1830 était composée de maisons basses, mal éclairées, maisons de bateliers. Le commerce était le commerce du vin de Cahors à bordeaux, et aussi le commerce du sel. Au retour de leurs voyages, les bateliers racontaient des aventures plus ou moins inventées. Aussi, un vieux dicton, faisait la renommée du batelier Saint-Vitois : "es de Saint Vite, es tout dit", " il est de Saint Vite, c’est tout dire", faisant allusion à la facilité de fabulation du batelier Saint Vitois.

Le commerce a diminué avec les progrès des lignes ferroviaires qui passaient à Libos. Il a bientôt été anéanti et Saint Vite a vécu de l’agriculture et de l’artisanat, représenté vers 1930 par trois tailleurs, un cordonnier, un menuisier, deux boulangers, un charron, un spécialiste de gaufrées.

Une halte nautique va voir le jour sur les lieux mêmes où plane l’ombre des bateliers.


Patrimoine


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Lucile Bourrachot (1961). “Les barrages et moulins sur le Lot dans la baylie de Penne”, in Fédération Historique du Sud-Ouest Villeneuve-sur-Lot (édité par), Actes des XIVe-XVIIe Congrès d’études régionales, Villeneuve-sur-Lot (13-15 mai 1961), RIS, BibTeX.

Jean Cubelier de Beynac (2003). Moulins à eau et à vent du Lot-et-Garonne, RIS, BibTeX.


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