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Aire-sur-l’Adour

La commune d’Aire-sur-l’Adour n’est pas seulement réputée pour sa douceur de vivre et la renommée de son foie gras. Elle est une des plus anciennes villes des Landes et sa longue histoire l’a dotée d’un riche patrimoine.

Peuplée dès avant l’époque romaine par le peuple aquitain des Tarusates, c’est la soumission de ceux-ci en 56 avant Jésus-Christ par le lieutenant de César Publius Licinius Crassus, qui a véritablement fondé la cité, romanisée sous le nom de Vicus Julii (le bourg de Jules).

Aire-sur-l’Adour est successivement envahie par les Vandales, les Alains et les Suèves. Mais c’est alors qu’elle est au Ve siècle une ville importante du royaume Wisigoth de Toulouse qu’Aire acquiert sa renommée. En effet, c’est à Aire que le roi wisigoth Alaric II promulgue en 506 le Bréviaire d’Alaric, compilation et interprétation de textes de droit romain, qui s’imposera progressivement dans toute la Gaule jusqu’au XIe siècle et qui est considéré comme une des bases du Code civil de 1804.

C’est à cette même époque que se situe une des légendes les plus connues de la ville. Vers 470 Quitterie, jeune princesse wisigothe chrétienne, subit le martyre pour avoir refusé d’abjurer sa foi et se marier avec un prince wisigoth arien. Le prétendant éconduit la fait alors décapiter. La légende rapporte qu’une fontaine jaillit à l’endroit où sa tête tomba et que Quitterie ramassa sa tête et la déposa sur le plateau du Mas (rive gauche de l’Adour). A cet emplacement est édifiée au XIe siècle l’église Sainte-Quitterie.

Ses reliques, vénérées à cet endroit depuis son martyre, sont aujourd’hui dans un remarquable sarcophage en marbre datant du IVe siècle exposé dans la crypte de l’église. La grande popularité de la sainte, à laquelle on attribuait la faculté de guérir les maux de têtes, a permis l’essor de la cité dès le Moyen Age en en faisant une étape importante de la Via Podiensis du Pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. En 1840, l’église est classée monument historique, tandis que son intérêt architectural lui a valu d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

L’histoire d’Aire-sur-l’Adour est ensuite marquée par les nombreux troubles qui touchent les Landes dans les siècles qui suivent et particulièrement ceux de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion. Les Landes passent en effet sous domination anglaise en 1154 par le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt. En 1290, un paréage avec le roi d’Angleterre est conclu pour protéger la ville d’Aire d’où les Anglais sont finalement chassés à la fin du XVe siècle. Aire est également saccagée par le général protestant Montgomery en 1569 lors des guerres de Religion.

De nombreux édifices remarquables jalonnent encore la ville, la halle aux grains de 1855, la maison du XIVe siècle et les séminaires, faisant de la cité une des plus intéressantes du département

Le patrimoine d’Aire-sur-l’Adour est encore remarquablement enrichi par la présence d’un évêché dans la cité pendant plus de quinze siècles. C’est en 506 que l’on trouve mention du premier évêque d’Aire, Marcellus. À la fin du XIe siècle est construite la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, qui doit son intéressant aspect hétéroclite aux nombreux remaniements faits au cours des siècles. Au début du XVIIe siècle et suite aux dégradations liées aux guerres de Religion, l’évêque Gilles Boutault fait reconstruire son palais épiscopal dont on dira qu’il est une des plus belles maisons épiscopales du royaume. Il est encore embelli quelques années plus tard sous l’épiscopat de Jean-Louis de Fromentières. La Révolution française chasse les évêques d’Aire qui après un retour dans la ville en 1823 siègent désormais à Dax depuis 1933. C’est depuis ce transfert que la cathédrale Saint-Jean-Baptiste porte le nom de concathédrale. Suite à la désaffection de l’évêché après la loi de séparation de l’église et de l’état en 1905, l’hôtel de ville est transféré en 1927 dans les bâtiments de l’évêché où il se trouve toujours.

Aire est aujourd’hui une ville moderne que son développement économique a tournée vers des industries d’avenir. Elle dispose d’un équipement industriel assez étoffé : usine d’aviation (Potez), foies gras et magrets (Sarrade, groupe Maïsadour), conserveries, biscuiterie (du Bois de la Roche, groupe suisse Artal), plusieurs ateliers dont la carrosserie Gourdon et une « écloserie » d’entreprises dans la zone d’activité de Peyres. Sa situation géographique en fait également aujourd’hui un carrefour incontournable reliant les villes de Bordeaux aux Pyrénées et Toulouse à l’océan Atlantique.


Commune

  • Nom des habitants : Aturins, Aturines
  • Superficie : 5500 hectares
  • Population : 6089 habitants (2006)
  • Cours d'eau :

    l’Adour

  • Origine du nom et description du blason :

    Atura est l’ancien nom de la ville, écrit ultérieurement Ayre ou Aiire, puis Aire. Depuis le 3 février 1952, le nom officiel est Aire-sur-l’Adour au lieu de Aire.

    Le blason est écartelé ; aux 1 et 4 d’or, au lion d’azur à la queue fourchée ; aux 2 et 3 de gueules, au lion de pourpre ; au chef d’azur chargé d’une fleur de lys d’or ; l’écu est surmonté de la couronne ducale (duché de Gascogne) ; autour du champ, au lieu de support se trouvent gravés ces mots : Ville d’Aire en Gascogne.


Informations pratiques

Mairie d’Aire-sur-l’Adour : 05.58.71.47.00

Office de tourisme d’Aire-sur-l’Adour : 05.58.71.64.70

http://aire-sur-adour.fr


Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine
Sources

Cabanot, Fabre, Legrand (1985). Aire-sur-l’Adour, église et abbaye du Mas, RIS, BibTeX.

Césaire Daugé (1985). Aire-sur-l’Adour, RIS, BibTeX.

J.B. Marquette, Jean Cabanot, Bernadette Suau et Brigitte Wattier (1982). Aire-sur-l’Adour. Plan d’Occupation des Sols Historique et Archéologique d’Aquitaine, RIS, BibTeX.

Charles Sorbets (1982). Histoire d’Aire-sur-l’Adour, ancienne capitale des Tarusates, centre de la législation wisigothique et berceau du christianisme dans le département actuel des Landes, RIS, BibTeX.

Serge Lerat (1983). Landes et Chalosses, RIS, BibTeX.


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