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Abside de l’église Saint-Vivien

L’abside de l’église Saint-Vivien, classée aux Monuments historiques depuis 1862, comporte notamment deux arcs aveugles : « La danse de Salomé » et « La rencontre au sommet entre le roi Salomon et la reine de Saba ».

L’identification des deux scènes n’est pas certaine. On retrouve l’histoire dans d’autres monuments en Gironde, notamment l’église de Saint-Saturnin à Mauriac. Or, on peut les comparer à l’exemple le mieux connu, un seul chapiteau du cloître de l’ancien prieuré de la Daurade à Toulouse, maison-fille de Moissac (Musée de Augustins), œuvre d’un sculpteur ou d’un atelier d’exception que les historiens de l’art nomment Gilabertus (ou Gislebertus). Là subsiste un cycle complet de l’histoire de Salomé et de la décollation de Saint Jean-Baptiste.
Hérode est assis à une table pour un festin ; Salomé danse. Une petite tour représente le lieu où gît Jean Baptiste. Un homme donne à une femme (Salomé plutôt que sa mère Hérodiade) une assiette où gît un objet rond. La femme tend le même objet vers Hérode. La danse de Salomé sur le chapiteau de Toulouse n’est nullement contorsionnée. La danseuse de Saint Vivien-du-Médoc est plutôt acrobate, comme celle de l’église d’Avallon (Yonne), et comme le serait la Salomé de la cathédrale de Rouen au XIIIe siècle. Les deux musiciens qui la côtoient jouent la vièle (à sa droite) et le tambourin.

En revanche la deuxième image sculptée ressemble davantage à la fin de l’histoire de Salomé qu’à la rencontre entre Salomon et la reine de Saba. L’élément le plus important est l’objet rond que tient le personnage masculin au centre de l’arc aveugle.
Le roi Salomon apparaît plus souvent avec un rouleau de parchemin qu’une ampoule, montrant ainsi son statut de sage. La femme qui lui fait face ne porte pas la couronne, ce qui est inattendu aussi pour la reine de Saba. Les images romanes de la rencontre de ce couple les montrent le plus souvent en conversation, assis l’un comme l’autre sur un trône. De plus, une autre femme est à gauche de la reine, et semble esquisser un pas vers elle. Il paraît plausible que cette scène soit une continuation de celle de la danseuse.
Les trois personnages féminins (la danseuse, la femme au centre de l’arc et sa compagne) sont nu-tête, les cheveux déliés, et portent des manches amples et longues. Il se pourrait alors que cette troisième femme soit Salomé, ou Hérodiade.
L’objet rond serait donc une forme grossière de la tête de Jean Baptiste posée sur une assiette, qu’Hérodiade ou Salomé offre au roi. L’homme assis, rêveur, à la droite du couple serait alors Jean Baptiste en prison.

L’édifice est consacré à Vivien, évêque de Saintes. Également en Saintonge, l’abbaye royale de Saint Jean-d’Angély avait reçu le crâne du saint lors de sa fondation en 817 par le duc d’Aquitaine Pépin 1er. L’abbaye était un grand lieu de pèlerinage et attirait les donations des comtes d’Anjou depuis le onzième siècle : l’église du petit port de Saint Vivien-du-Médoc proclamait ses liens avec les ducs d’Aquitaine autant que les comtes d’Anjou.



Paternité

Contributeurs
Conseil régional d'Aquitaine, Myriam

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